Il suffit parfois de s’asseoir pour comprendre si un objet est vraiment bien pensé. À l’heure où nos journées se vivent entre bureau, télétravail et moments de détente, l’assise devient un sujet de santé publique autant qu’un enjeu de design. Au salon, au milieu des allées, une évidence s’impose : le confort ne se décrète pas, il se teste. Et il engage directement notre bien-être.
Réalisé en partenariat avec Maison Créative, ce talk a été organisé et animé par Sandrine de Bruyne, directrice de la rédaction – Maison Créative. À ses côtés, Xavier Pigot, chiropracteur, a apporté un éclairage clinique et accessible sur un sujet au croisement de l’innovation produit et des usages du quotidien.
Dès l’ouverture, Sandrine de Bruyne pose le cadre : « un meuble, ce n’est pas seulement un objet posé dans un coin ». Il vit avec nous, accompagne nos rythmes, et doit répondre à des postures multiples, parfois contradictoires. Face à des modes de vie fragmentés — on travaille partout, on mange partout, on se détend partout — l’assise ne peut plus être pensée pour une position unique. Le design devient fonctionnel, intelligent, et surtout connecté à l’usage.
Xavier Pigot rappelle alors les fondamentaux de la posture. Le point de départ, selon lui, est la lordose, cette cambrure naturelle du bas du dos. Or, les positions « affalées » sur un canapé ou courbées devant un écran inversent cette courbure, entraînant un enchaînement mécanique : épaules qui tombent, dos arrondi, tensions qui s’installent. « Si vous reformez votre lordose, l’ensemble du corps et de la colonne va se redresser », explique-t-il, insistant sur une logique de rééquilibrage global.
La question de la variabilité revient comme un fil rouge. Une assise pertinente doit respecter l’anatomie sans imposer un standard rigide : profondeur adaptée à la cuisse, hauteur réglable selon la longueur de jambe, possibilité de soutenir les avant-bras via des accoudoirs bien positionnés. Pour Xavier Pigot, « la posture, c’est un ensemble », et l’ajustabilité devient une réponse concrète aux morphologies diverses. Dans les innovations observées, sièges modulables et ergonomie domestique signalent une évolution : longtemps réservée au monde professionnel, l’ergonomie s’impose désormais comme un enjeu sociétal.
La séquence consacrée à la relaxation met en lumière la “zéro gravité”, une position popularisée par la NASA, inspirée de l’apesanteur. Jambes légèrement relevées, corps relâché, tensions musculaires diminuées : cette configuration favoriserait détente, circulation et récupération. « Tout ce qui va vous permettre d’être plus détendu […] va vous permettre d’être plus efficace », souligne Xavier Pigot, reliant confort et performance cognitive — un argument qui résonne autant dans l’habitat que dans les espaces tertiaires.
Interrogé sur ses assises de référence, Xavier Pigot cite un siège de type Charles Eames pour son soutien lombaire, évoque l’élégance fonctionnelle de certaines pièces de Charlotte Perriand, et concède un attachement plus émotionnel au Chesterfield, madeleine de confort enveloppant. Un rappel utile : la durabilité passe aussi par le désir. Comme le résume Sandrine de Bruyne, si l’objet n’est pas confortable, « ça ne sert à rien ». Mais s’il est beau et juste, il devient un compagnon du quotidien.
EspritMeuble
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Quand design et usage se rencontrent : meubles et assises de demain