La cuisine n’est plus seulement un lieu où l’on prépare les repas.
Elle est devenue un espace de vie, de partage… et d’équipement intensif.Entre appareils incontournables, nouveaux usages et manque de place, l’équation se complique.
Et l’électroménager s’impose désormais comme un pilier de la conception.Réalisé en partenariat avec le
GIFAM et
l’IPEA Institut de la Maison, ce talk animé par Jérôme Libeskind sur le plateau Studio M d’EspritMeuble a réuni deux experts pour décrypter les attentes actuelles :
Laurent Cours, directeur statistiques & études – GIFAM, et
Christophe Gazel, directeur général – IPEA Institut de la Maison. Objectif : comprendre comment l’électroménager influence l’ergonomie et l’aménagement d’une cuisine moderne.
Premier enseignement : la cuisine française “standard” n’a rien d’immense. « 70% des cuisines font 15 m² », rappelle Christophe Gazel. Un espace souvent ouvert sur le salon-séjour (61% des cas), et de plus en plus structuré autour d’un îlot : 23% en sont déjà équipées, et « une cuisine sur trois vendue » intègre désormais cet élément central. Mais cette évolution se heurte à une réalité architecturale : plus de baies vitrées, moins de murs, donc moins de linéaires disponibles pour les rangements. Résultat : chaque centimètre compte.
Côté électroménager, le socle reste stable : plaques de cuisson (77%), four (60%), hotte (environ deux tiers) et froid “quasi systématique”, selon Laurent Cours. La vraie bascule, c’est la disparition progressive de la cuisinière : « il ne reste plus que 27% des foyers dans lesquels on a une cuisinière ». La plaque a remplacé l’ensemble, ouvrant la voie à une cuisine plus intégrée… et plus design.
Mais l’équipement ne se limite plus aux “classiques”. Dans près d’un quart des cuisines, on retrouve aujourd’hui un lave-linge, avec tout ce que cela implique en raccordements et en contraintes d’implantation. À l’inverse, certains appareils sont désormais “mis en scène”. « Dans une cuisine ouverte, on va essayer de théâtraliser », souligne Christophe Gazel, citant la cave à vin éclairée, visible, valorisée. Le congélateur, lui, disparaît souvent vers le garage ou la buanderie.
Là où la tension monte réellement, c’est sur le plan de travail. Laurent Cours rappelle une donnée frappante : les Français possèdent en moyenne 12 appareils de petit électroménager. Machines à café (86% des foyers), robots culinaires (30%), robots pâtissiers (28%), air fryers (plus de 30%)… « Si on mesure quatre à cinq appareils posés, ça prend environ 1,5 m de plan de travail ». Or, les consommateurs déclarent en moyenne 1,6 m disponible hors évier et plaque. Autrement dit : il ne reste presque rien pour cuisiner.
Cette saturation renforce le rôle clé des cuisinistes. Ergonomie, usages, évolutivité… la cuisine doit anticiper la vie quotidienne. « Une cuisine, ça doit être fonctionnel, ergonomique », insiste Christophe Gazel, rappelant que 37% des Français jugent leur plan de travail trop petit, alors que 72% prennent au moins un repas par jour dans cette pièce. Et un détail change tout : l’électricité. « Il n’y a que 39% des foyers à qui on propose des prises », alerte-t-il. Dans une cuisine devenue lieu de repas, de devoirs, parfois de télétravail, le besoin est évident : « On n’a jamais assez de prises », conclut Laurent Cours.
La cuisine de demain se jouera donc sur une promesse simple : conjuguer esthétique et usage. Et l’électroménager, du gros au petit, en est désormais le cœur stratégique.
EspritMeubleVisionner la table ronde ici :
L’importance de l’électroménager dans l’équipement d’une cuisine bien pensée et ergonomique