mercredi 3 juin 2026

Article - Hôtels, bureaux, lieux hybrides : la mutation des espaces de vie


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Travailler, faire du sport, déjeuner, se rencontrer… parfois sans quitter le même bâtiment. Hôtellerie, bureaux et nouveaux lieux d’accueil convergent vers des espaces polymorphes, ouverts sur la ville et centrés sur l’expérience. Cette transformation bouscule les codes du design d’intérieur, de l’immobilier tertiaire et du contract.
Elle était au cœur d’une table ronde organisée par Studio M lors d’EspritMeuble – EspritContract, réunissant Patrick Jouin (co-fondateur – Jouin Manku), Pierre-Alexandre Pillet (fondateur et CEO – Sowen) et Valentin Moubèche (directeur de programmes – Galia Groupe). Cette table ronde, organisée en partenariat avec Intramuros, était animée par Frédéric Marty, rédacteur en chef d’Intramuros.

Pour comprendre cette mutation, Patrick Jouin évoque la Maison du Peuple de Clichy. Conçue en 1935 comme une salle polyvalente, elle combinait marché couvert, grande salle modulable et innovations techniques comme un toit ouvrant, un plancher mobile et des parois transformables. Le bâtiment fonctionnait presque en continu, accueillant activités commerciales, politiques et culturelles. Il incarnait déjà une forme d’hybridation, pensée pour maximiser l’usage et servir la collectivité.

Aujourd’hui classée monument historique, la Maison du Peuple connaît une nouvelle transformation. Rachetée par Alain Ducasse et le groupe Abcis, elle devient un siège hybride mêlant bureaux, manufactures artisanales, restaurant populaire, table gastronomique et espaces de recherche culinaire. Le projet conserve l’esprit d’origine : un lieu vivant, ouvert et ancré dans la ville. Produire, consommer et travailler sur place devient une manière contemporaine de prolonger l’ADN initial.

La crise sanitaire a agi comme un accélérateur. Télétravail, horaires flexibles et travail nomade ont bouleversé les habitudes. Le bureau n’est plus une évidence quotidienne. La question n’est plus seulement où travailler, mais pourquoi revenir. Pour susciter l’envie, les entreprises se sont inspirées des codes de l’hôtellerie en intégrant services et expériences : salles de sport, restaurants, espaces de convivialité, offres de bien-être. Le bureau devient un lieu d’expérience, autant qu’un outil de production.
Cette hybridation répond aussi à un besoin de lien social. Les collaborateurs viennent retrouver leurs collègues, échanger et créer ensemble. L’environnement immédiat joue un rôle essentiel : commerces, transports, équipements et vie de quartier renforcent l’attractivité d’un site. L’adresse devient stratégique, au même titre que l’aménagement intérieur.

Le projet Fondation, développé par Galia Groupe dans le 17ᵉ arrondissement de Paris, illustre cette évolution. Trois bâtiments distincts ont été réunis dans une logique cohérente. Un ancien parking aérien a été transformé en bureaux opérés avec un large éventail de services. Un immeuble des années 1960 est devenu un hôtel cinq étoiles doté d’un rooftop et de restaurants. Un ancien studio photo a été reconverti en salle de sport, valorisant sa structure métallique d’origine.

L’ensemble forme un morceau de ville verticale : travailler, dormir, se restaurer et faire du sport coexistent dans un même périmètre. Cette approche a porté ses fruits. L’immeuble de bureaux était entièrement loué plusieurs mois avant son ouverture, à rebours des difficultés du marché parisien. L’hybridation apparaît ainsi comme un levier d’attractivité puissant.
Le bureau devient également un outil de recrutement et de fidélisation. Les entreprises ne vendent plus seulement un poste, mais un cadre de vie. Aux avantages traditionnels se substituent désormais rooftop, social club et espaces partagés. L’environnement de travail devient un argument concurrentiel.

Les nouvelles générations jouent un rôle clé dans cette transformation. Elles accordent autant d’importance au bien-être qu’à la carrière et recherchent flexibilité, sens et qualité de vie. Les espaces centraux de convivialité, bars ou salons informels, deviennent le cœur des plateaux. Le travail s’inscrit dans une expérience globale.

Cette mutation traduit un changement culturel plus large. Le travail ne doit plus seulement répondre à une obligation économique, mais contribuer à l’épanouissement. Les lieux doivent inspirer, stimuler et créer du lien. Les entreprises les plus performantes sont celles qui alignent marque employeur et marque client, en proposant à leurs équipes des espaces cohérents avec leur promesse externe.

L’enjeu dépasse désormais l’immeuble pour toucher le quartier. Services, commerces, espaces verts et lieux culturels complètent l’offre interne. L’exemple de La Défense montre que l’accessibilité ne suffit pas : la dimension humaine et la qualité de vie sont déterminantes pour créer un véritable attachement.
Au croisement de l’hôtellerie, du bureau et de la ville, les lieux hybrides redéfinissent nos manières d’habiter et de travailler. Pour les acteurs de l’ameublement et du contract, ils ouvrent un champ d’innovation majeur : mobilier réversible, modularité, scénographies évolutives et matériaux durables. Concevoir ces espaces revient à penser une hospitalité élargie, à l’échelle du bâtiment comme du quartier, au service d’usages multiples et durables.

EspritContract 
Visionner la table ronde ici : Hôtels, bureaux, lieux hybrides : la mutation des espaces de vie

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Travailler, faire du sport, déjeuner, se rencontrer… parfois sans quitter le même bâtiment. Hôtellerie, bureaux et nouveaux lieux d’accueil convergent vers des espaces polymorphes, ouverts sur la ville et centrés sur l’expérience. Cette transformation bouscule les codes du design d’intérieur, de l’immobilier tertiaire et du contract.
Elle était au cœur d’une table ronde organisée par Studio M lors d’EspritMeuble – EspritContract, réunissant Patrick Jouin (co-fondateur – Jouin Manku), Pierre-Alexandre Pillet (fondateur et CEO – Sowen) et Valentin Moubèche (directeur de programmes – Galia Groupe). Cette table ronde, organisée en partenariat avec Intramuros, était animée par Frédéric Marty, rédacteur en chef d’Intramuros.

Pour comprendre cette mutation, Patrick Jouin évoque la Maison du Peuple de Clichy. Conçue en 1935 comme une salle polyvalente, elle combinait marché couvert, grande salle modulable et innovations techniques comme un toit ouvrant, un plancher mobile et des parois transformables. Le bâtiment fonctionnait presque en continu, accueillant activités commerciales, politiques et culturelles. Il incarnait déjà une forme d’hybridation, pensée pour maximiser l’usage et servir la collectivité.

Aujourd’hui classée monument historique, la Maison du Peuple connaît une nouvelle transformation. Rachetée par Alain Ducasse et le groupe Abcis, elle devient un siège hybride mêlant bureaux, manufactures artisanales, restaurant populaire, table gastronomique et espaces de recherche culinaire. Le projet conserve l’esprit d’origine : un lieu vivant, ouvert et ancré dans la ville. Produire, consommer et travailler sur place devient une manière contemporaine de prolonger l’ADN initial.

La crise sanitaire a agi comme un accélérateur. Télétravail, horaires flexibles et travail nomade ont bouleversé les habitudes. Le bureau n’est plus une évidence quotidienne. La question n’est plus seulement où travailler, mais pourquoi revenir. Pour susciter l’envie, les entreprises se sont inspirées des codes de l’hôtellerie en intégrant services et expériences : salles de sport, restaurants, espaces de convivialité, offres de bien-être. Le bureau devient un lieu d’expérience, autant qu’un outil de production.
Cette hybridation répond aussi à un besoin de lien social. Les collaborateurs viennent retrouver leurs collègues, échanger et créer ensemble. L’environnement immédiat joue un rôle essentiel : commerces, transports, équipements et vie de quartier renforcent l’attractivité d’un site. L’adresse devient stratégique, au même titre que l’aménagement intérieur.

Le projet Fondation, développé par Galia Groupe dans le 17ᵉ arrondissement de Paris, illustre cette évolution. Trois bâtiments distincts ont été réunis dans une logique cohérente. Un ancien parking aérien a été transformé en bureaux opérés avec un large éventail de services. Un immeuble des années 1960 est devenu un hôtel cinq étoiles doté d’un rooftop et de restaurants. Un ancien studio photo a été reconverti en salle de sport, valorisant sa structure métallique d’origine.

L’ensemble forme un morceau de ville verticale : travailler, dormir, se restaurer et faire du sport coexistent dans un même périmètre. Cette approche a porté ses fruits. L’immeuble de bureaux était entièrement loué plusieurs mois avant son ouverture, à rebours des difficultés du marché parisien. L’hybridation apparaît ainsi comme un levier d’attractivité puissant.
Le bureau devient également un outil de recrutement et de fidélisation. Les entreprises ne vendent plus seulement un poste, mais un cadre de vie. Aux avantages traditionnels se substituent désormais rooftop, social club et espaces partagés. L’environnement de travail devient un argument concurrentiel.

Les nouvelles générations jouent un rôle clé dans cette transformation. Elles accordent autant d’importance au bien-être qu’à la carrière et recherchent flexibilité, sens et qualité de vie. Les espaces centraux de convivialité, bars ou salons informels, deviennent le cœur des plateaux. Le travail s’inscrit dans une expérience globale.

Cette mutation traduit un changement culturel plus large. Le travail ne doit plus seulement répondre à une obligation économique, mais contribuer à l’épanouissement. Les lieux doivent inspirer, stimuler et créer du lien. Les entreprises les plus performantes sont celles qui alignent marque employeur et marque client, en proposant à leurs équipes des espaces cohérents avec leur promesse externe.

L’enjeu dépasse désormais l’immeuble pour toucher le quartier. Services, commerces, espaces verts et lieux culturels complètent l’offre interne. L’exemple de La Défense montre que l’accessibilité ne suffit pas : la dimension humaine et la qualité de vie sont déterminantes pour créer un véritable attachement.
Au croisement de l’hôtellerie, du bureau et de la ville, les lieux hybrides redéfinissent nos manières d’habiter et de travailler. Pour les acteurs de l’ameublement et du contract, ils ouvrent un champ d’innovation majeur : mobilier réversible, modularité, scénographies évolutives et matériaux durables. Concevoir ces espaces revient à penser une hospitalité élargie, à l’échelle du bâtiment comme du quartier, au service d’usages multiples et durables.

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