lundi 13 juillet 2026

Déco, mobiliers, tendances… Comment l’hôtellerie de luxe s’invite dans nos intérieurs ?


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On rêve tous de se réveiller chez soi comme dans une suite cinq étoiles. Tête de lit signature, salle de bain spectaculaire, lumière scénarisée, circulation fluide… Les codes de l’hôtellerie de luxe s’invitent désormais dans nos intérieurs.

Au salon EspritMeuble – EspritContract, une table ronde en partenariat avec Bleu Pétrol a exploré cette aspiration à vivre « comme à l’hôtel » chez soi, entre quête esthétique, confort absolu et besoin croissant de sens. Autour de la discussion : Anne-Louise Sevaux (journaliste et rédactrice en chef de RD – Résidences Décoration), Max Flageollet (Directeur contract Ligne Roset) et Eglantine Sicat (Uncanny Studio). Ensemble, ils ont analysé les passerelles grandissantes entre hôtellerie et habitat.

Pour Anne-Louise Sevaux, les intérieurs qui font rêver reprennent de plus en plus les codes visuels des hôtels haut de gamme : mise en scène soignée, camaïeux sophistiqués, mobilier sur mesure. Cette évolution traduit un changement profond du rapport à la maison, amplifié depuis la crise sanitaire : on passe plus de temps chez soi et l’exigence de confort s’est envolée.

Eglantine Sicat évoque cette quête d’immédiateté : les particuliers veulent leur cocon idéal maintenant, pas dans vingt ans. Dans un contexte d’incertitude, la maison devient un refuge, mais un refuge expérientiel. Elle ne se veut plus seulement fonctionnelle, mais émotionnelle et sensorielle, à l’image d’une chambre d’hôtel où chaque détail contribue à une atmosphère.

Pour Max Flageollet, la bascule est manifeste : autrefois, les hôtels cherchaient à recréer le confort de la maison ; aujourd’hui, c’est l’inverse. Les frontières entre « contract » et résidentiel s’effacent. Architectes et designers passent sans cesse de l’un à l’autre, et les références circulent librement. L’hôtellerie haut de gamme, devenue un lieu de vie où l’on travaille, déjeune ou se retrouve, inspire désormais l’habitat privé par sa scénographie et son niveau d’exigence.

Chez Uncanny Studio, la méthode est identique pour un hôtel ou un appartement : tout débute par un récit. Comment veut-on vivre dans cet espace ? Quels moments veut-on y faire exister ? Trois mots-clés structurent ensuite le projet et guident chaque choix, afin d’éviter un décor figé et privilégier une cohérence d’expérience.

Cette approche favorise le sur-mesure, particulièrement dans l’hôtellerie haut de gamme. Max Flageollet souligne la part importante de commandes spécifiques : têtes de lit pour un établissement, banquettes dédiées à un lobby, fauteuils dessinés pour un bar. Certaines pièces trouvent ensuite leur place dans le résidentiel, comme le fauteuil conçu par Jean-Philippe Nuel pour l’Intercontinental de Lyon, repris jusque dans des salons privés.

Dans les logements, les « gestes hôteliers » se multiplient : suites parentales, dressings séparés, bancs en bout de lit, liseuses intégrées. Ces codes sont devenus quasi instinctifs. Mais la demande va plus loin : les clients imaginent désormais de véritables scénarios de vie, des transitions, des surprises. Le résidentiel adopte la logique d’expérience globale propre à l’hôtellerie tout en préservant l’intimité domestique.
Trouver l’équilibre entre perfection et émotion devient essentiel. Si l’hôtel recherche l’harmonie maîtrisée, une maison doit garder une part d’imperfection, source d’authenticité. Max Flageollet cite Andrée Putman, qui parlait de ce « pas de côté » donnant vie à un intérieur.

Eglantine Sicat cultive cette singularité à travers le choix d’objets chinés, d’œuvres ou de matériaux nobles. Mais cette sophistication demande une pédagogie : certains matériaux, comme le marbre ou le noyer, exigent un entretien rigoureux, comparable à celui d’un hôtel. Le luxe résidentiel s’accompagne donc d’une responsabilité d’usage.

La modularité s’impose également comme tendance forte : cloisons mobiles, rideaux, variations de lumière… autant d’outils pour adapter un espace à chaque moment de la journée. Le télétravail réintroduit aussi le bureau dans des pièces autrefois dédiées au repos. Les frontières entre fonctions se redéfinissent, et la maison devient un espace évolutif et vivant.

Sur le plan design, Max Flageollet met en avant un intérêt croissant pour les rééditions intemporelles, à l’image de Pierre Guariche, remis en lumière par Ligne Roset. Ses meubles, conçus pour être produits en série, réparables et durables, incarnent une élégance pragmatique, capable de s’adapter aussi bien à un appartement qu’à un hôtel. L’objectif n’est pas la nostalgie, mais la pertinence : créer des objets transversaux et responsables.

Ce mouvement dépasse désormais les frontières françaises. En Asie et au Moyen-Orient, les résidences de marques de luxe fusionnent appartements privés et services hôteliers — conciergerie, spa, restauration, entretien sur mesure. Cette convergence spectaculaire illustre une tendance que l’on retrouve déjà dans les projets français les plus ambitieux.

Vivre « comme à l’hôtel » ne signifie donc pas gommer son identité domestique, mais enrichir l’habitat d’une exigence nouvelle : un confort scénarisé, une lumière pensée, une qualité matérielle irréprochable et une circulation fluide. Entre inspiration contract et singularité personnelle, la maison contemporaine devient le théâtre d’une hospitalité intime, où l’expérience quotidienne s’élève au rang d’art de vivre.
EspritContract

Visionner la table ronde ici : Déco, mobiliers, tendances… Comment l’hôtellerie de luxe s’invite dans nos intérieurs ?

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lundi 13 juillet 2026

Déco, mobiliers, tendances… Comment l’hôtellerie de luxe s’invite dans nos intérieurs ?


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Au salon EspritMeuble – EspritContract, une table ronde en partenariat avec Bleu Pétrol a exploré cette aspiration à vivre « comme à l’hôtel » chez soi, entre quête esthétique, confort absolu et besoin croissant de sens. Autour de la discussion : Anne-Louise Sevaux (journaliste et rédactrice en chef de RD – Résidences Décoration), Max Flageollet (Directeur contract Ligne Roset) et Eglantine Sicat (Uncanny Studio). Ensemble, ils ont analysé les passerelles grandissantes entre hôtellerie et habitat.

Pour Anne-Louise Sevaux, les intérieurs qui font rêver reprennent de plus en plus les codes visuels des hôtels haut de gamme : mise en scène soignée, camaïeux sophistiqués, mobilier sur mesure. Cette évolution traduit un changement profond du rapport à la maison, amplifié depuis la crise sanitaire : on passe plus de temps chez soi et l’exigence de confort s’est envolée.

Eglantine Sicat évoque cette quête d’immédiateté : les particuliers veulent leur cocon idéal maintenant, pas dans vingt ans. Dans un contexte d’incertitude, la maison devient un refuge, mais un refuge expérientiel. Elle ne se veut plus seulement fonctionnelle, mais émotionnelle et sensorielle, à l’image d’une chambre d’hôtel où chaque détail contribue à une atmosphère.

Pour Max Flageollet, la bascule est manifeste : autrefois, les hôtels cherchaient à recréer le confort de la maison ; aujourd’hui, c’est l’inverse. Les frontières entre « contract » et résidentiel s’effacent. Architectes et designers passent sans cesse de l’un à l’autre, et les références circulent librement. L’hôtellerie haut de gamme, devenue un lieu de vie où l’on travaille, déjeune ou se retrouve, inspire désormais l’habitat privé par sa scénographie et son niveau d’exigence.

Chez Uncanny Studio, la méthode est identique pour un hôtel ou un appartement : tout débute par un récit. Comment veut-on vivre dans cet espace ? Quels moments veut-on y faire exister ? Trois mots-clés structurent ensuite le projet et guident chaque choix, afin d’éviter un décor figé et privilégier une cohérence d’expérience.

Cette approche favorise le sur-mesure, particulièrement dans l’hôtellerie haut de gamme. Max Flageollet souligne la part importante de commandes spécifiques : têtes de lit pour un établissement, banquettes dédiées à un lobby, fauteuils dessinés pour un bar. Certaines pièces trouvent ensuite leur place dans le résidentiel, comme le fauteuil conçu par Jean-Philippe Nuel pour l’Intercontinental de Lyon, repris jusque dans des salons privés.

Dans les logements, les « gestes hôteliers » se multiplient : suites parentales, dressings séparés, bancs en bout de lit, liseuses intégrées. Ces codes sont devenus quasi instinctifs. Mais la demande va plus loin : les clients imaginent désormais de véritables scénarios de vie, des transitions, des surprises. Le résidentiel adopte la logique d’expérience globale propre à l’hôtellerie tout en préservant l’intimité domestique.
Trouver l’équilibre entre perfection et émotion devient essentiel. Si l’hôtel recherche l’harmonie maîtrisée, une maison doit garder une part d’imperfection, source d’authenticité. Max Flageollet cite Andrée Putman, qui parlait de ce « pas de côté » donnant vie à un intérieur.

Eglantine Sicat cultive cette singularité à travers le choix d’objets chinés, d’œuvres ou de matériaux nobles. Mais cette sophistication demande une pédagogie : certains matériaux, comme le marbre ou le noyer, exigent un entretien rigoureux, comparable à celui d’un hôtel. Le luxe résidentiel s’accompagne donc d’une responsabilité d’usage.

La modularité s’impose également comme tendance forte : cloisons mobiles, rideaux, variations de lumière… autant d’outils pour adapter un espace à chaque moment de la journée. Le télétravail réintroduit aussi le bureau dans des pièces autrefois dédiées au repos. Les frontières entre fonctions se redéfinissent, et la maison devient un espace évolutif et vivant.

Sur le plan design, Max Flageollet met en avant un intérêt croissant pour les rééditions intemporelles, à l’image de Pierre Guariche, remis en lumière par Ligne Roset. Ses meubles, conçus pour être produits en série, réparables et durables, incarnent une élégance pragmatique, capable de s’adapter aussi bien à un appartement qu’à un hôtel. L’objectif n’est pas la nostalgie, mais la pertinence : créer des objets transversaux et responsables.

Ce mouvement dépasse désormais les frontières françaises. En Asie et au Moyen-Orient, les résidences de marques de luxe fusionnent appartements privés et services hôteliers — conciergerie, spa, restauration, entretien sur mesure. Cette convergence spectaculaire illustre une tendance que l’on retrouve déjà dans les projets français les plus ambitieux.

Vivre « comme à l’hôtel » ne signifie donc pas gommer son identité domestique, mais enrichir l’habitat d’une exigence nouvelle : un confort scénarisé, une lumière pensée, une qualité matérielle irréprochable et une circulation fluide. Entre inspiration contract et singularité personnelle, la maison contemporaine devient le théâtre d’une hospitalité intime, où l’expérience quotidienne s’élève au rang d’art de vivre.
EspritContract

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